VIES ANTÉRIEURES – Extrait du chapitre  »Ananmésis »

 

VIES ANTÉRIEURES – Extrait du chapitre Ananmésis

Et pour la toute première fois dans cette vie, je suis venu sur la montagne de fer.

Il n’y a plus rien, seulement les remparts. J’ai retrouvé sans peine la position de la place, tout est presque nivelé, c’est incroyable. Le muret qui la bordait a totalement disparu, ainsi que la petite tour de guet. Plus de traces des chemins que nous parcourions tous les jours, ni des minuscules échoppes contre les murs d’enceinte, rien que des cailloux. Les constructions intérieures qui étaient faites de pierre ont aussi été balayées.

Impossible de revoir les entrées des souterrains où nous pouvions marcher debout ! J’ai demandé à un guide touristique présent sur le site, il avait entendu parler des souterrains mais il ne les connaissait pas car tout a été bouché il y a assez longtemps, pour éviter les problèmes avec les touristes.

J’ai ramassé une pierre de ce sol, et l’ai gardée avec moi quelques années, puis je l’ai jetée. Au fond d’un de mes tiroirs reste une carte postale de l’acrocorinthe comme ils disent maintenant. Elle ressemble un peu à l’endroit que j’ai connu, la montagne avec seulement les remparts.

Comment les choses peuvent-elles changer à ce point ?

Je suis Algoé, ici c’est chez moi. Je suis heureux et fier d’être revenu, mais je suis seul maintenant. Où êtes-vous donc, mes amis, mes frères d’armes?

Il n’y a plus que le silence et le vide. Les gens qui vivent maintenant ne nous ressemblent pas.

Après mon enfance on m’a emmené vivre dans une maison à l’ouest de la forteresse. Un jour quelqu’un m’a invité dans cette place forte, sans me dire pourquoi. Ce fut un honneur inespéré que de pouvoir y entrer, peu de gens pouvaient le faire. C’est ainsi que je suis devenu soldat de Corinthe. Aussi loin que je puisse remonter dans la mémoire, j’ai aimé ce lieu plus que tout autre. 25 siècles sont passés et je l’aime toujours, la douleur est encore là, et les pleurs en écrivant ces lignes.

Je vois bien que tout disparait. Un jour les fortifications aussi seront effacées, dans 10 000 ans ou plus, qu’importe. Nous formions une civilisation magnifique dont il ne restera rien, personne ne sait plus qui nous étions et quelle était la noblesse de notre existence.

Sur la montagne de fer, à l’emplacement du petit temple, si l’on creuse à quelques mètres de profondeur on trouvera des ossements.

Ce sont les miens et ceux de mes compagnons.

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